Conférence pour la Syrie: engagements pour 7 milliards de dollars

Les engagements pris par la communauté internationale lors de la conférence des donateurs de Bruxelles pour la Syrie représentent sept milliards de dollars (7,04 milliards de francs). L’ONU avait chiffré les besoins à neuf milliards de dollars pour 2019.

« Les engagements totalisent sept milliards de dollars », a annoncé le commissaire européen Christos Styliannides à la clôture de la réunion. « Nous sommes ravis côté ONU. Merci de votre générosité », a déclaré le secrétaire général adjoint de l’ONU Mark Lowcock. « Mais l’aide seule ne peut remédier à la crise syrienne », a-t-il rappelé.

Les Nations unies avaient chiffré les besoins financiers pour cette année à 5,5 milliards de dollars pour assister environ 5,6 millions de Syriens réfugiés hors de leur pays (en Turquie, au Liban, en Jordanie, en Irak et en Egypte) et à 3,3 milliards de dollars pour les populations déplacées à l’intérieur du pays.

L’Union européenne a notamment annoncé une contribution de 2,01 milliards d’euros (2,27 milliards de francs) et l’Allemagne de 1,44 milliards. Le Royaume-Uni a promis 400 millions de livres (530 millions de francs), la Belgique 24,3 millions d’euros et l’Autriche neuf millions.

400 millions depuis 2011

La Suisse a aussi réaffirmé son engagement dans le cadre du conflit syrien. Elle prévoit de débloquer 61 millions de francs cette année pour soutenir la population en détresse en Syrie et dans les pays limitrophes et sept millions en faveur de la promotion de la paix, a indiqué le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).

La Suisse était représentée à la conférence par la secrétaire d’Etat aux affaires étrangères Pascale Baeriswyl. Cette dernière a a appelé « toutes les parties au conflit à respecter le droit international humanitaire et les droits de l’homme ».

Au total, la Confédération a mis 397 millions de francs à disposition depuis 2011 pour la Syrie, a-t-elle souligné. « En termes financiers, cet engagement humanitaire est le plus important de l’histoire de la Suisse », a affirmé Mme Baeriswyl.

En plus de fournir une aide humanitaire en Syrie, la Suisse œuvre à améliorer la protection et l’assistance apportées aux réfugiés dans les communes d’accueil au Liban, en Jordanie et en Turquie.

De l’argent certes, mais surtout la paix

L’an dernier, lors de la dernière conférence des donateurs, les contributions avaient été inférieures aux attentes. « Nous avions demandé neuf milliards de dollars, les promesses ont totalisé six milliards de dollars », a rappelé Mark Lowcock, coprésident de la conférence avec la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini.

La conférence ne doit pas seulement être une collecte de fonds, a insisté Mme Mogherini: « La Syrie doit rester en tête des priorités de la communauté internationale ».

« L’argent mobilisé par l’UE pour la reconstruction ne sera déboursé que si un processus de paix crédible commence à Genève sous les auspices de l’ONU », a-t-elle averti. « Il faut que le régime syrien soit à la table à Genève », a renchéri le chef de la diplomatie belge Didier Reynders.

La Belgique et plusieurs autres pays de l’UE – France, Allemagne, Royaume-Uni, Suède, Pays-Bas et Danemark – ont ajouté une autre condition: la lutte contre l’impunité pour les crimes commis en Syrie. Leurs représentants se sont réunis pour élaborer une déclaration à joindre aux conclusions de la Conférence.

« La guerre n’est pas finie en Syrie », a rappelé Didier Reynders. Le représentant de l’ONU lui a fait écho: « Une offensive militaire de grande ampleur contre Idleb provoquerait une catastrophe humanitaire ».

La ville d’Idleb (nord-ouest) est contrôlée par les djihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS), une organisation formée par l’ex-branche syrienne d’Al-Qaïda, et représente le dernier bastion en Syrie hostile au régime de Damas.

Jeudi à Genève, Handicap International (HI) a par ailleurs relevé que plus de dix millions de personnes sont exposées à la menace des restes explosifs de guerre.