Des e-cigarettes de Philip Morris potentiellement nocives

Des substances hautement toxiques, appelées isocyanates, s’échappent des filtres des cigarettes électroniques Iqos de Philip Morris. La découverte a été faite par un laboratoire mandaté par la Croix-Bleue de Berne, Soleure et Fribourg.

Les toxines dangereuses sont libérées lorsque les filtres en polymères sont chauffés à 100 degrés Celsius, indique la Croix-Bleue dimanche dans un communiqué, dont la SonntagsZeitung s’est fait l’écho. Le laboratoire n’a toutefois pas vérifié si la substance est inhalée par le fumeur.

Les chercheurs ont chauffé les parties du filtre à 100, 160 et 200 degrés. Dans la réalité, la cigarette électronique chauffe le tabac de 250 à 300 degrés supplémentaires, selon les spécifications du fabricant.

Philip Morris reconnaît le problème. Un porte-parole du cigarettier interrogé par Keystone-ATS assure toutefois que la toxine n’est pas inhalée lors de l’utilisation d’une cigarette Iqos. Des tests approfondis ont été réalisés. Les expériences menées par le laboratoire mandaté par la Croix-Bleue n’ont pas été menées dans des conditions réalistes.

Le fabricant de cigarettes dit en outre avoir présenté des études qui montrent que presque tous les polluants cancérigènes sont éliminés quand le tabac est chauffé.

Bronchite chronique

Les isocyanates sont toxiques. Ils endommagent les membranes des cellules humaines. On les retrouve dans les solvants, les revêtements, les peintures et les mousses industrielles. Des règlements stricts s’appliquent dans les lieux de travail où ils sont utilisés.

Ces molécules peuvent entraîner des lésions oculaires telles que des lésions cornéennes. Elles peuvent également irriter les voies respiratoires, provoquer de l’asthme, la bronchite chronique ou l’emphysème. Inhaler des isocyanates dans l’air ambiant peut entraîner des maladies mortelles après seulement un an.