Fin des opérations de sauvetage de migrants avec l’Aquarius

L’Aquarius ne sauvera plus de migrants qui tentent de rejoindre l’Europe par la mer. Les ONG MSF et SOS Méditerranée ont annoncé jeudi soir mettre un terme à ce dispositif en ciblant le « sabotage » européen et en appelant la Suisse à oeuvrer pour une solution.

« Les Suisses ont manifesté leur solidarité de diverses manières à l’égard de l’Aquarius et des activités de recherche et de sauvetage en mer Méditerranée », se félicite la présidente de Médecins Sans Frontières (MSF) Suisse Reveka Papadopoulou.

Lundi, le Conseil fédéral avait décidé de ne pas attribuer de pavillon suisse au navire pour ne pas compromettre une approche européenne commune. Le bateau est maintenu à quai depuis depuis deux mois après le retrait du pavillon panaméen.

Le partenaire de MSF pour l’Aquarius, SOS Méditerranée, avait « déploré l’incohérence de la réponse » du gouvernement. « On ne peut pas laisser les gens mourir en mer parce qu’on ne sait pas encore où ils vont être débarqués », disait l’ONG même si elle appelait comme l’ONU à « une solution européenne ». Jeudi, son directeur des opérations Frédéric Penard a déclaré que « renoncer à l’Aquarius a été une décision extrêmement difficile à prendre ».

MSF retient aussi la volonté suisse « de travailler activement et rapidement » pour un compromis. Mais d’ici là, d’autres victimes seront observées en Méditerranée, selon elle.

L’ONG s’en prend à une campagne de « dénigrement », de « calomnie » et d' »obstruction » menée par le gouvernement italien. Soutenu par d’autres pays européens, celui-ci « a bafoué le droit international et les principes humanitaires », estime-t-elle.

Ces Etats, en plus d’une politique pas adaptée, ont « saboté » les tentatives d’autres acteurs de sauver des migrants, déplore la directrice générale Nelke Mander. Cette année, le pavillon de l’Aquarius a été retiré à deux reprises.

MSF cible aussi les allégations de trafic de déchets et d’activité criminelle contre elle. Selon les estimations, plus de 2100 personnes sont décédées depuis début janvier en tentant de rejoindre l’Europe par la Méditerranée.

L’UE « soutient directement les retours forcés et revendique des ‘résultats’ sur la question migratoire », dénonce la responsable des situations d’urgence à MSF Karline Kleijer. Et de cibler des renvois vers une détention arbitraire. Depuis février 2016 jusqu’à début octobre, l’Aquarius a aidé près de 30’000 personnes. En trois ans, avec d’autres bateaux et ce dispositif, davantage de dizaines de milliers de personnes ont été assistées.

Actuellement, aucun bateau n’est prévu pour du sauvetage en mer en Méditerranée. « Aussi longtemps que des gens souffriront en Libye » ou seront en difficulté « en mer », « MSF cherchera des moyens de leur porter secours avec une aide médicale et humanitaire », selon Mme Kleijer. De son côté, SOS Méditerranée « explore déjà activement les options pour un nouveau navire et un nouveau pavillon », annonce M. Penard.