La BCE relève ses prévisions d’inflation et de croissance pour 2019

La Banque centrale européenne (BCE) a légèrement relevé jeudi ses prévisions d’inflation et de croissance en zone euro pour cette année mais les a abaissées pour l’an prochain, soulignant les risques croissants liés aux tensions protectionnistes.

L’institut de Francfort attend désormais 1,2% de croissance et 1,3% d’inflation en 2019, contre respectivement 1,1% et 1,2% lors de ses prévisions de mars. Mais elle voit la croissance accélérer plus modestement que prévu en 2020, à 1,4% contre 1,6% auparavant, tandis que l’inflation devrait s’établir à 1,4% au lieu de 1,5%.

Pour 2021, la prévision de taux d’inflation est restée inchangée à 1,6% tandis que la prévision de croissance a été légèrement abaissée à 1,4%, contre 1,5% en mars.

Le président de l’institution, Mario Draghi, admet ainsi implicitement que la BCE n’atteindra pas avant 2022 son objectif d’une hausse des prix légèrement inférieure à 2%, et n’a donc pas encore remporté son pari.

Face à la presse, M. Draghi a brossé un tableau fait de multiples « risques » pesant dans un avenir proche sur la conjoncture. Au premier plan, il cite « les menaces sur le commerce international qui se sont intensifiées au-delà de ce qui avait été envisagé en mars », une référence au durcissement du bras de fer commercial entre Pékin et Washington en lieu et place de l’accord espéré depuis des mois par les milieux économiques.

M. Draghi a également mentionné les risques liés aux négociations sur le Brexit, et « les incertitude sur les marchés émergents ».

Mais la BCE souligne que « comme les données économiques ne sont pas mauvaises, il n’y a pas de révision à la baisse significative » de ses pronostics, selon son président.

Le conseil des gouverneurs de l’institution continue par conséquent à juger « faible » la probabilité d’une récession de l’ensemble de la zone euro, a ajouté M. Draghi.