La population de Nyon (VD) désavoue ses autorités

Nyon n’augmentera pas ses impôts. Au grand dam de leurs autorités, les habitants de la commune vaudoise ont balayé à 73,67% une augmentation de la fiscalité.

La hausse du taux d’imposition de 61 à 65% a été refusée dimanche par 4546 Nyonnais, contre 1625 voix favorables. La participation s’est élevée à 46,9%.

Accepté en novembre dernier par le Conseil communal, le relèvement de la fiscalité était combattu par un référendum lancé par les trois partis de droite (PLR, UDC, Vert’libéraux). « Dès le moment où le référendum a abouti, on se doutait bien que nous avions peu de chances de l’emporter », a reconnu le syndic de Nyon, Daniel Rossellat, contacté par Keystone-ATS.

L’élu indépendant a dit comprendre le refus de ses concitoyens. « Je conçois qu’on ne souhaite pas payer davantage d’impôt pour compenser la baisse des recettes fiscales des entreprises », a-t-il expliqué, faisant référence à la réforme vaudoise de la fiscalité des entreprises (RIE III) qui plombe les finances nyonnaises.

Situation « très difficile »

En augmentant les impôts, la municipalité espérait limiter le déficit budgétaire 2019 à 8,4 millions de francs. Elle estime désormais que ce déficit pourrait s’établir à près de 15 millions pour l’année en cours.

Pour Daniel Rossellat, il n’est pas exagéré de parler de crise à Nyon. « Nous en sommes en tout cas pas loin. La situation financière de la commune va devenir très difficile », juge-t-il. Selon lui, la population doit s’attendre à une diminution « drastique » de certaines prestations et subventions.

Dans le camp adverse, la satisfaction était de mise dimanche. « Nous sommes ravis. La population a pu voter en connaissance de cause et elle a envoyé un message clair à la municipalité », a affirmé le conseiller communal UDC Sacha Soldini, l’un des coprésidents du comité référendaire.

Les autorités doivent désormais « prendre le taureau par les cornes » pour améliorer la situation financière de Nyon, a averti M. Soldini. « La municipalité doit apprendre à maîtriser et à prioriser les dépenses, c’est la seule solution », a-t-il estimé.

Assises financières

Ce n’est pas la première fois que les habitants de Nyon refusent nettement une hausse d’impôt. Lors de votations en 2002 puis ensuite 2007, les trois quarts de la population avaient déjà rejeté une augmentation – de 5 points à l’époque – du taux d’imposition.

Pour essayer de trouver des solutions, la municipalité a décidé d’organiser des assises financières. Elles se tiendront samedi prochain et s’adresseront aux élus communaux ainsi qu’à un panel de représentants de la société civile. « L’objectif est d’échanger les points de vue et d’imaginer une stratégie financière pour faire face aux défis qui se présentent à nous », a expliqué M. Rossellat.

A noter finalement que Nyon, en maintenant son taux d’imposition à 61%, reste l’une des communes vaudoises les plus favorables en matière fiscale. La moyenne cantonale s’établit à 68% et une seule autre ville du canton – Pully à 61% également – s’avère autant attractive pour les impôts communaux.