Les objectifs de la révision de la Constitution

Lors de l’Assemblée du PLR du district de Martigny, le 17 septembre, notre chroniqueur, Philippe Bender, par ailleurs candidat à la Constituante, a présenté les tâches principales incombant à la future institution. Ci-dessous, des extraits de son exposé

Un bref rappel des événements !

Le 4 mars 2018, le peuple valaisan a accepté à une large majorité de réviser la Constitution cantonale de 1907, et de confier l’œuvre à une Constituante, élue le 25 novembre. Un délai de quatre ans devrait suffire pour accomplir le travail.
Dans une première illusion lyrique, certains ont envisagé les élections à la Constituante comme une douce mélodie civique, jouée par le Joueur de flûte de Hamelin. Allant même jusqu’à proclamer la fin des partis…
Mais la réalité, et la politique est faite de réalités, a balayé les illusions. Certes, on tente encore de prolonger l’enchantement dans des médias. En vain !

… Venons-en aux questions fondamentales et à la méthode !

Si nous procédons à la révision de la Constitution de 1907, cela signifie que nous avons estimé que celle-ci avait fait son temps. Qu’elle datait, dans une histoire qui s’accélère, et qu’elle ne remplissait plus son rôle de Loi fondamentale…
A la vérité, la Constitution de 1907 avait subi une série de révisions partielles. Mais, somme toute, elle méritait d’être repensée dans son ensemble, et réécrite dans les langues officielles du XXIe siècle, le français et l’allemand…

Que voulons-nous inscrire dans la nouvelle Constitution ? Trois chantiers principaux mobiliseront les énergies :

1. Le premier, le plus ardu peut-être, sera celui des institutions, car le Valais est un Vieux-Pays, dont l’architecture remonte parfois au Moyen Age, tels les districts et les communes.

  • Adapter les institutions au temps présent, en faire l’«aggiornamento». Transformer le Valais en une authentique République de citoyennes et de citoyens, en charge du destin commun… Comment élire le Conseil d’Etat ? Combien de députés siègeront au Grand Conseil ? Et l’organisation de la Justice ? Nous voulons une République de Républicains ! Une Démocratie de Démocrates !
  • Tenir ensemble le Valais, le Haut-Valais et le Bas-Valais. La Plaine et la Montagne, les agglos et les bourgs, et les campagnes. Tâche immense, prioritaire !
  • Articuler, harmoniser le pouvoir central, le pouvoir régional et le pouvoir communal. Redessiner le paysage des pouvoirs… Et les districts, et les préfets dont R 21 annonçait la fin? Remplacés par les futures régions, par les prochains présidents de régions ? Et dans les communes fusionnées, agrandies, qu’adviendra-t-il des conseils généraux, dont le Haut-Valais ignore toujours l’existence, lui si attaché au système germanique de la démocratie directe ? Et les droits populaires ?…
  • Résumons notre pensée : nous voulons créer une véritable démocratie gouvernante, et jeter aux orties les oripeaux de la démocratie gouvernée… Cela ne signifie ni le règne de la démagogie, ni la victoire du populisme. Loin s’en faut ! La démocratie représentative, tempérée par la garantie des droits du souverain et de l’individu, telle est la solution…

2. Le deuxième, c’est celui des relations entre l’Etat et l’économie, entre l’Etat et la société, entre l’Etat et la culture. Quelles compétences attribuer à l’Etat central, aux communes, aux régions ? Ce chantier, moins grandiose que le premier, plus prosaïque, est combien nécessaire et utile à la prospérité du pays…

  • Hier, il s’agissait d’élargir les compétences des autorités, de quitter le terrain traditionnel de l’Etat régalien pour aller vers l’Etat qui instruit, qui subventionne et réalise les œuvres dépassant les forces privées. Un Etat qui crée les conditions-cadres du développement.
  • Plus proche de nous, dès la Seconde Guerre mondiale, il fallut créer l’Etat-Providence, l’établir sur des bases permanentes. Un mouvement universel. Promouvoir l’égalité des droits entre hommes et femmes. Soutenir les efforts collectifs et privés pour préserver la santé, lutter contre les maladies, financer les retraites. Encourager la culture, l’éducation, et protéger le patrimoine.
  • Demain, il s’agira d’en perpétuer l’œuvre. En plus, d’assurer l’avènement d’un Etat écologiste, soucieux de l’environnement, en y associant l’économie, car l’économie n’est pas l’ennemie de l’écologie.
  • Assurer le plein-emploi. Et empoigner le dossier de la nouvelle économie numérique, qui va nous surprendre par ses innovations.

Pour accomplir la tâche pénible qui attend la Constituante, quelle méthode emprunter ?

Deux formules la résument :

  • La Constitution s’écrira au centre, en lettres de consensus. Dans le monde du pluralisme qui vient, les libéraux-radicaux veulent être la poutre maîtresse de la Maison commune du Valais. Avec l’autre grand parti cantonal, le PDC, notamment avec ses deux branches haut-valaisannes.
  • Ne faisons pas table rase de toutes choses. Faisons nôtre, comme je la fais déjà mienne, cette sage maxime du premier ministre anglais Benjamin Disraeli : «Réformer ce qu’il faut ; Conserver ce qui vaut !»