L’ONU recommande à Duterte « une évaluation psychiatrique »

Le Haut commissaire aux droits de l’homme estime que nier que des violations « graves » ont eu lieu contre les Rohingyas dans l’Etat de Rakhine est « ridicule ». Il a aussi suggéré vendredi à Genève au président philippin de se soumettre à une « évaluation psychiatrique ».

Au lendemain d’une déclaration du ministre birman de l’Union qui a répété qu’aucun « nettoyage ethnique » n’a été mené dans son pays, Zeid Raad al-Hussein a réitéré devant la presse ses « fortes suspicions » d’actes de génocide. Si le gouvernement estime qu’aucune preuve ne vient étayer cette accusation, « il doit nous donner accès » à la zone, dit-il.

Une même demande est réitérée sur le Venezuela. Le Haut commissaire a appelé à plusieurs reprises à une Commission d’enquête internationale pour ce pays. Aux Philippines, M. Zeid a répété que les attaques contre une rapporteuse spéciale de l’ONU, Agnès Callamard, étaient « scandaleuses ». Et de dénoncer ces assauts contre des personnalités « hautement respectées ».

Notamment après que le président philippin Rodrigo Duterte a aussi qualifié de « terroristes » un avocat et quatre anciens prêtres dans cet Etat. Des déclarations « inacceptables » sur lesquelles le Conseil des droits de l’homme doit se prononcer parce que « ses attaques ne peuvent rester sans réponse », a insisté le Haut commissaire.

Le président philippin doit se soumettre à une « évaluation psychiatrique », a-t-il ajouté. Une recommandation que le Haut commissaire s’appliquerait à lui-même s’il avait cherché à briguer un second mandat dès septembre prochain. « Il était clair » que ce scénario n’était pas possible, affirme M. Zeid qui n’a pas hésité à cibler les Etats-Unis et d’autres pays du Conseil de sécurité à plusieurs reprises.

Après avoir appelé mercredi les autorités russes à mener des investigations rapides et de poursuivre les responsables de la campagne de violences contre des défenseurs des droits de l’homme dans ce pays, il a fait part de sa préoccupation sur la situation des ONG. Leur marge de manoeuvre en Russie comme dans d’autres Etats semble « se fermer », dit-il encore.

Plus largement, il « redoute une dégradation » de l’attachement des Etats et d’autres acteurs aux mécanismes du droit international. « Probablement » comme le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) Peter Maurer et le Haut commissaire pour les réfugiés Filippo Grandi, selon lui.

« Nous devons honorer les lois que nous avons mises en place » et les violations présumées « doivent faire l’objet d’investigations adaptées », a ajouté M. Zeid.