Quelle place pour la bourgeoisie valaisanne en ce 3e millénaire ?

En 2020, la bourgeoisie de St-Maurice soufflera ses 850 bougies. Cette belle et jeune demoiselle désire mordre à pleines dents ce 3e millénaire qui s’offre à elle. Un comité a été constitué et est déjà sur le pied de guerre pour nous concocter un magnifique millésime plein de surprises. Tel un assemblage digne des plus grands œnologues, le programme se veut créatif, festif, sportif et culturel, le tout saupoudré d’une bonne dose d’humour agaunois.

Très bien accompagnée par 140 bourgeoisies valaisannes très actives, elles ont au cours des siècles grandement participé à écrire l’histoire de ce canton, garantissant ainsi le maintien des racines locales, de nos traditions, contribuant de ce fait fortement à la construction de nos valeurs.

Le couvert de la Bourgeoisie de St-Maurice au Bois noir

Dans le cadre de l’élaboration de la nouvelle Constitution valaisanne, la question de la place des bourgeoisies sera posée ! Cependant, avant de se lancer dans de longues confrontations, il semble utile de rappeler qu’au-delà d’être propriétaires de plus de 120 alpages, de carrières, de centrales de chauffage à bois à distance, des 4/5ème des forêts, d’un grand nombre de vignes, de bâtiments, dont des logements à loyers modérés, elles ont su s’adapter à l’évolution et aujourd’hui, elles peuvent s’enorgueillir d’un esprit de solidarité et d’entraide.

Elles apportent leur contribution dans les domaines du social, de la culture et du sport. Les différentes couleurs politiques et toutes les familles représentées cohabitent depuis longtemps de très belle manière. Supportrices des manifestations diverses, elles contribuent à l’animation de leurs régions et grâce aux rapports de proximité qu’elles entretiennent, elles sont un outil facilitant l ’intégration des nouveaux habitants. Elles possèdent de nombreuses salles et couverts qu’elles mettent à disposition pour des fêtes ou des repas. Elles sont aussi un acteur important de la cohésion entre les différentes générations en organisant des rassemblements divertissants et gourmands partagés par tous les âges. Elles soutiennent financièrement les sociétés locales, telles que les fanfares, les chœurs, les clubs sportifs.

Quant au développement durable, il n’est pas en reste, de par le maintien de la qualité de nos forêts et les efforts qu’elles fournissent à informer et former les adeptes de balades en forêt. Conscientes de leur rôle de transmission d’un paysage et d’une qualité de vie, elles mettent tout en œuvre pour garantir l’archivage et le partage de leur savoir.

Si le droit à l’existence des bourgeoisies est ancré dans la Constitution et que depuis le 1er janvier 2008, les droits et devoirs de celles-ci sont clairement explicités, il convient d’ajouter qu’elles ont su conserver leur attrait et leur dynamisme, malgré qu’elles aient vu disparaître leur devoir de validation des candidats à la naturalisation. D’ailleurs, il est très fréquent que des requêtes soient déposées pour obtenir le droit de bourgeoisie.

On sent bien que tout le potentiel de développement des compétences des bourgeoisies n’a pas encore été exploité. Je crois sincèrement que les bourgeoisies ont encore de belles cartes à offrir à la population. Que ce soit dans la santé, le soutien aux jeunes et aux aînés, la formation, l’innovation, le peuple valaisan a besoin de cet appui. Sans se substituer aux communes, de leur pluralité elles ont tiré la source de leur force.

Peu importe les choix que décideront les bourgeoisies pour leur futur, il est essentiel qu’elles puissent dessiner elles-mêmes les contours de leur avenir et qu’en aucun cas, on puisse leur imposer quoi que ce soit. Elles ont grandement contribué tout au long de l’histoire pour le Valais d’aujourd’hui. Elles ont encore beaucoup à offrir aux prochaines générations. De plus, les membres de leurs comités ont été élus démocratiquement. Des bourgeois élus au-delà des partis et des familles, une confiance donnée à raison, au vu des résultats qu’elles ont obtenus depuis des siècles.

Un grand merci pour votre soutien à la liste N°1 – VLR du district de St-Maurice : Manuela Dubois, Raymonde Schoch, Fabrice Bender, Mounir Eienberger, Martial Gay !

En conclusion, à mon sens, les bourgeoisies ont pleinement acquis le droit de prendre seules les décisions nécessaires à leur avenir !

Martial Gay, St-Maurice,
candidat VLR à la Constituante