Rebecca Ruiz devance très nettement son rival UDC

La socialiste Rebecca Ruiz est largement arrivée en tête du premier tour de l’élection complémentaire au Conseil d’Etat vaudois dimanche. La tâche va être ardue au second tour pour son principal adversaire, l’UDC Pascal Dessauges qui se dit toutefois serein.

C’est un ballottage général, mais le score est net: 46,6% des voix pour Rebecca Ruiz, 37,6% pour Pascal Dessauges. Un écart de neuf points que même la principale intéressée n’imaginait pas. « Je pensais être derrière lui, au mieux au coude-à-coude », a-t-elle lâché tout sourire une fois les résultats tombés. « Les électeurs se sont attachés à mon programme, c’est rassurant. »

De quoi lui donner des ailes pour la campagne en vue du second tour le 7 avril prochain? « Je suis déterminée. Rien n’est gagné, il va falloir batailler jusqu’au bout. Mais je suis dans un très bon état d’esprit », répond la candidate de 37 ans. Loin derrière les deux premiers, on trouve respectivement Axel Marion (PDC), Jean-Michel Dolivo (Ensemble à Gauche) et Anaïs Timofte (POP).

UDC sereine

Du côté de l’UDC, on reste bien droit même si l’écart qui sépare Pascal Dessauges de Rebecca Ruiz laisse présager un deuxième tour ardu pour le premier. Interrogé, le quinquagénaire pensait faire mieux hors des villes, mais se dit serein, estimant qu’il y a encore de la marge de progression chez les PLR et l’UDC, de 3% de part et d’autre.

Soutenu par le PLR, son parti tente vainement depuis quelques années de récupérer son siège perdu en 2011. Objectif: renverser la majorité au gouvernement, composé pour l’heure de trois socialistes, une verte et trois PLR.

Pour le troisième du podium, Axel Marion qui obtient 6%, c’est la soupe à la grimace. Les gens ont visiblement voté « utile » dès le premier tour et la bataille s’est jouée entre les deux principaux candidats, explique le quadragénaire. S’agissant de sa présence pour la suite, il laisse entendre qu’il ne se représentera pas mais précise que le parti doit encore décider.

Derniers satisfaits

Derrière lui, partie désunie, la gauche de la gauche se montre a contrario plutôt satisfaite. Classé quatrième avec 4,1% des voix, devant la candidate POP Anaïs Timofte (3,3%), le député d’Ensemble à Gauche (EàG) Jean-Michel Dolivo se réjouit de constater que sa formation est en troisième position dans les trois grandes villes que sont Lausanne, Yverdon-les-Bains et Vevey. « Nous avons une vraie crédibilité dans le canton ». Reste que l’avocat a à nouveau regretté les divisions avec le POP.

Quant à Anaïs Timofte, justement, elle souligne qu’elle était l’inconnue dans cette campagne face à l’exposition très forte des candidats du PS et de l’UDC. Dans ce contexte, « nous n’avons pas à rougir, c’est extrêmement positif », a-t-elle déclaré. Les deux formations se réuniront chacune d’ici mardi pour arrêter leur stratégie en vue du deuxième tour. Rien ne dit si elles négocieront.

Attaques personnelles

Calme à ses débuts, la campagne en vue de repourvoir le siège de Pierre-Yves Maillard a pris une tournure inhabituelle dans le canton de Vaud. Rebecca Ruiz ne cache pas que les dix derniers jours ont été « difficiles, avec des attaques personnelles dignes pour certaines du caniveau ».

Une dénonciation pénale a ainsi été déposée à quelques jours du scrutin à son encontre pour des contrats bricolés au sein de l’Etat. Celle qui est aussi criminologue a par ailleurs publié sur les réseaux sociaux une lettre anonyme qu’elle avait reçue et dont le contenu l’attaquait violemment.

Notons encore que pour ce premier tour, environ 34% de la population s’est déplacée aux urnes. Lors de la dernière élection complémentaire en 2011, 31% des Vaudois avaient voté au deuxième tour et élu Béatrice Métraux au gouvernement.