Si rien n’est fait, les glaciers disparaîtront à la fin du siècle

Si des mesures décisives sont prises en faveur du climat, un tiers des glaciers alpins pourrait être sauvé. Si ce n’est pas le cas, ils disparaîtront presque complètement d’ici à la fin du siècle, selon une nouvelle étude.

Le volume des glaciers alpins atteignait une centaine de kilomètres cubes en 2017. D’ici 2050, la moitié aura disparu quoiqu’il arrive, selon une étude réalisée par l’EPFZ et l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL), publiée dans la revue spécialisée The Cryosphere. Il s’agit des estimations les plus récentes et détaillées en la matière, selon les chercheurs.

Il est encore possible d’infléchir la tendance après 2050. L’augmentation des températures due aux concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère va en effet s’accélérer dans la seconde moitié du siècle, selon les scientifiques. De plus, les glaciers réagissent relativement lentement aux changements climatiques.

Si la hausse des températures mondiales est maintenue à moins de 2 degrés Celsius d’ici à la fin du siècle par rapport à l’époque préindustrielle, comme le prévoit l’accord de Paris, 37 kilomètres cubes pourraient subsister. Soit plus d’un tiers du volume de l’année de référence 2017.

Sur la mauvaise pente

Si le réchauffement est supérieur à 2 degrés, il ne restera au mieux que de petites étendues de glace en haute altitude, représentant moins de 5% du volume actuel, selon Matthias Huss de l’EPFZ. Les concentrations actuelles de gaz à effet de serre dans l’atmosphère sont cependant légèrement plus élevées que les valeurs qu’il conviendrait de respecter.

« Les glaciers des Alpes européennes et leur évolution récente constituent l’un des indicateurs les plus clairs du changement climatique », relève le responsable de l’étude Daniel Farinotti. « Le futur de ces glaciers est certes en danger, mais il est encore possible de limiter les pertes. »

Pour réaliser cette étude, les chercheurs se sont appuyés sur de nouveaux modèles informatiques sur les flux des glaces et les processus de fonte. Ils ont aussi utilisé des données issues d’observations.