dimanche 23 septembre 2018

Edito

La presse écrite va mal. Cette situation n’est pas inédite, mais les mauvaises nouvelles s’enchaînent : fin du Matin «papier» en juillet dernier; manque à gagner engendré par la faillite de Publicitas qui touche la grande majorité des journaux suisses romands.

Recettes publicitaires en baisse, érosion du nombre des abonnés payants, information accessible gratuitement sur internet, chaînes d’information en continu et frénésie des réseaux sociaux : tels sont les maux qui gangrènent le patient.

Le Confédéré tente, malgré les difficultés de la presse romande, de rester un journal d’opinion. Quand nous faisons l’état des lieux de la presse depuis la fin du journal La Suisse en 1994, le Confédéré peut se demander comment il tient encore debout. Car nous rencontrons les mêmes difficultés. Certes, le bateau n’est heureusement pas un paquebot, mais nous devons aussi faire des adaptations pour continuer de publier.

La publicité

À la suite du désastre Publicitas, Le Régional ne peut plus approvisionner ses caissettes et réduit un poste de travail. Le Quotidien Jurassien diminue quant à lui le nombre de pages et le temps de travail. Nous ne connaissons pas encore les conséquences pour les autres journaux, mais selon la RTS, le Nouvelliste aurait perdu entre 1 et 3 millions dans l’aventure.

Le Confédéré est aussi touché, mais dans une moindre mesure: quelques milliers de francs.

Car le choc Publicitas, le Confédéré l’a connu au début des années 2000.

A l’époque, pour mieux servir le monopole du groupe Nouvelliste, Publicitas avait résilié le contrat avec le Confédéré. Le choc a été difficile à digérer, sur plusieurs années d’ailleurs, mais c’est aujourd’hui salutaire. La publicité est gérée directement depuis le journal et nous pouvons compter sur de fidèles annonceurs.

Internet et l’érosion des abonnés

«Pourquoi ne pas tout faire numérique et être plus présent sur internet ?» Combien de fois avons-nous entendu ce conseil, certes bienveillant. Le Matin s’y essaie, mais l’exemple de La Presse, le quotidien canadien à Montréal est cinglant. 260’000 téléchargements par jour et près de 3 millions de visiteurs sur le site internet par mois n’ont pas suffi à drainer assez de publicité pour compenser la gratuité du journal. Selon le président de La Presse Pierre-Elliott Levasseur, les géants de l’internet Google et Facebook en «siphonnent 90%». Le journal est en sursis et compte sur des aides étatiques pour s’en sortir.

Le gratuit coûte en fait très cher. Il faut payer le personnel qui produit et gère le contenu. Et il ne faut pas se contenter de mettre en ligne un article par jour, vous devez être présent en permanence, la mode actuelle étant à l’immédiateté de l’information. Le tout-numérique payant est une autre solution. Un journal en ligne sur abonnement. Le Matin du Soir s’y est essayé: durée de l’expérience : un an et cinq mois.

Nous n’attendons pas de Migros ou Coop qu’ils offrent à leurs clients des produits alimentaires gratuits en espérant vendre des voitures.

Un journal ne peut pas offrir gratuitement un travail journalistique de qualité en espérant vendre de la publicité.


Aide à la presse

Il faudra un jour régler le problème de l’aide à la presse. Dieu sait si le Confédéré est opposé aux subventions étatiques tous azimuts, mais le problème est urgent. Le paysage médiatique a beaucoup évolué ces 10 dernières années. Fini l’époque où un téléviseur se regardait, où une radio s’écoutait et où un journal se lisait. Aujourd’hui tout se mélange. Les médias audiovisuels, financés en partie par la redevance, font aussi de l’écrit en ligne, et c’est gratuit. En réalité, ce n’est pas gratuit, mais payé par nos impôts au travers de la redevance. Il est là le dilemme.

Facebook

Facebook, cette grande communauté où informations réelles, fake news et théories de carnotzet se mélangent.

On le décrie, mais on y est dépendant. Surtout, on alimente une machine à fric qui récupère gratuitement du contenu car toute la presse y est présente, visibilité oblige.

Il y a un bug. La presse en difficulté fournit à Facebook le produit de son travail sans rémunération. Quelle aberration !


La presse résiste

Point positif dans le marasme actuel, et même si la situation est difficile, le presse résiste comme elle peut. Il y a une prise de conscience que la disparition de la presse doit absolument être enrayée. Mais pour survivre, les journaux doivent s’adapter. Le Confédéré n’y échappe pas.


Le Confédéré n’est pas mort

Annoncé au bord du gouffre à plusieurs reprises,

Janvier 1877 : Le Confédéré annonce qu’il doit concilier la fréquence de publication avec les ressources disponibles, ainsi désormais le journal paraîtra une fois par semaine (au lieu de deux)
Mai 1971 : Il devient donc urgent – avant que la situation ne se détériore encore – d’entreprendre des mesures à mettre impérativement en œuvre, afin d’éviter la cessation immédiate de la parution du Confédéré.

 

le Confédéré survit pourtant.

Et il continuera. Car il est intéressant et il intéresse. Nous n’aurions pas eu des offres d’achat autrement !

On ne laisse pas tomber une vieille dame de 157 ans, dont les origines remontent à 1839 avec le journal «Bulletin des séances de la Constituante». D’ailleurs, une série de mesures ont été entreprises pour assurer l’avenir (voir ci-dessous).

Mais le Confédéré a surtout besoin de vous pour perdurer. David contre Goliath, nous avons besoin que vous soyez nos pierres et notre fronde afin de tenir bon face aux défis financiers. En continuant à souscrire à l’abonnement annuel et en participant à la vie du journal, vous nous permettrez de continuer à publier des articles de fond.

Victor Glassey, président du conseil d’administration du Confédéré SA


Le Confédéré prépare l’avenir

«Le Confédéré n’est pas un journal, c’est une idée»

disait très souvent notre ancien rédacteur en chef Adolphe Ribordy. C’est une autre manière de dire que le Confédéré est un journal d’opinion où tous les efforts sont investis dans la défense d’une cause, en l’occurrence la défense des libertés et du progrès face à la pensée unique, au populisme et au conservatisme.

Par le passé, le Confédéré a mis tous ses bénéfices dans la défense de cet idéal. Aujourd’hui, la situation de la presse ne permet plus de générer des bénéfices . Pour perdurer, le Confédéré a dû prendre une série de mesures que nous vous résumons ici.

  1. Locaux

Depuis 1894, le Confédéré est installé à Martigny. Pendant longtemps, le Confédéré a partagé les locaux avec le PLR VS. En 2017, le comité du parti a décidé de déplacer son siège à Sion et a résilié sa participation dans les frais des locaux. Il devenait dès lors impossible d’assumer seul. Depuis juin 2018, le Confédéré n’a plus ses bureaux à la rue du Grand-Verger 11, mais a gardé son siège à Martigny. Le secrétariat administratif et rédactionnel fonctionne en télétravail et la rédaction se réunit en fonction des besoins. Le travail entre la rédaction, le prépresse et l’imprimerie se fait tout par internet.

  1. La rédaction en chef

Dès les années 1990, le Confédéré avait augmenté la professionnalisation de la rédaction. Nous avions réduit le nombre de contributeurs rédactionnels au profit d’une rédaction plus forte, qui assistait le secrétaire du parti qui était le rédacteur en chef. Il y avait aussi des synergies rédactionnelles avec le Journal de Martigny qui était rédigé dans les locaux du Confédéré. En 2001, le Journal de Martigny a été arrêté au profit de La gazette de Martigny, entièrement rédigée par le Nouvelliste.

La situation est précaire pour financer la rédaction depuis plus de 10 ans. Après avoir réduit au maximum les coûts fixes et de réalisation du journal (prépresse et impression), nous avons aussi dû revoir le fonctionnement de notre rédaction.

Le Confédéré reprend le mode de rédaction des années 70-80 en misant sur la contribution de plusieurs rédacteurs bénévoles encadrés par une structure professionnelle réduite.

Jean-Jacques Michelet, plume remarquable, que nous profitions ici de remercier chaleureusement, a terminé sa mission professionnelle au Confédéré début juin. Il continue à enseigner au centre professionnel à Sion.

  1. Hebdomadaire 16 pages

Des études ont été menées pour voir si une réduction de la fréquence de parution serait une variante possible pour le journal. La réponse est négative. Le Confédéré reste donc un hebdomadaire de 16 pages.

  1. Convention avec le parti libéral-radical valaisan

Depuis plus de 40 ans, le Confédéré n’est plus l’organe officiel des libéraux-radicaux. Par sa ligne rédactionnelle, il soutient en particulier le PLR sans être fermé aux autres courants. S’il y a promiscuité des idées, les deux entités sont bien séparées. Le PLR VS ne détient aucune part dans la société anonyme qui édite le journal.

Le Confédéré n’est pas non plus financé par le parti, il ne l’a jamais été.

Dans ces temps difficiles pour la presse, il devenait urgent de trouver un accord avec l’entité qui bénéficie majoritairement des idées développées dans le Confédéré. Chose faite après plusieurs années de discussion. Une Convention pour augmenter la diffusion du journal auprès des membres du PLR VS a été signée pour 5 ans pour un montant couvrant environ 10% des frais de fonctionnement du journal.

  1. La future rédaction

Le Confédéré est un journal d’opinion. La rédaction appartient aux personnes qui veulent partager leurs idées.

Nous allons dès septembre élargir le nombre de contributeurs, connus ou moins connus. Un comité de rédaction sera mis en place avec des correspondants locaux. Leur mission sera de faire remonter les informations régionales, notamment la vie politique. Le Confédéré traite souvent de politique fédérale, il devra traiter dans les détails la politique locale.

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Edition du vendredi 24 août